Critiques de livres

sanstitre.bmp                         La vie heureuse, Nina Bouraoui

L’auteur dans ce roman raconte la vie d’une adolescente qui fait sans cesse référence à la musique, au cinéma et à la littérature pour décrire son état d’esprit du moment. On découvre une jeune fille assez solitaire qui tombe amoureuse de Diane qui a le même âge qu’elle. La force de ce texte réside dans l’écriture de Nina Bouraoui qui décrit avec peu de mots l’intensité des sentiments d’un premier amour.  Sylvie 

Extrait : Page 154 : « Céline est surprise de mon comportement, ce penchant. Rien ne penche en moi, tout se dresse, tout se tient. Je suis fière, au garde-à-vous, parée à l’attaque, le doigt sur le bouton de la bombe atomique, Orchestral Manœuvre in the Dark, Enola Gay. Ca passera, dit Céline. Et ça ne va pas avec mon corps. Je ne suis pas androgyne, dit-elle. Je ne fais pas garçon manqué. J’ai du succès. Elle ne comprend pas. On veut toujours trouver une raison à l’amour des filles. On veut voir sous la peau, opérer, ouvrir, analyser. Androgynie, entre deux eaux. Moi, je nage dans sous le lac. Moi je vois la nuit. Moi je marche sans canne. Je ne suis pas malade. Je me sens pleine forme depuis Diane. Je ne suis pas d’accord avec Céline. Elle parle comme un homme éconduit. Céline dit que certaines filles ont fait ce choix-là. Je ne comprends pas. Il n’y a aucun choix à aimer une fille. C’est violent. C’est l’instinct. C’est la peau qui parle. C’est le sang qui s’exprime. Céline n’a pas choisi d’aimer Olivier. Je n’ai pas choisi d’aimer Diane. C’est une loi physique. C’est une attraction. C’est comme la Lune et le Soleil. C’est comme la pierre dans l’eau. C’est comme les étoiles dans le ciel. C’est comme l’été et la neige. C’est de l’histoire naturelle. Ca reste longtemps dans le corps. C’est inoubliable. C’est la grande vie. J’aime Diane, je suis milliardaire. » 

 Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Jeanette Wintersonjeanettewintersonelvislg.jpg

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           Une écriture pleine d’humour dans un premier temps puis, qui se durcit au fil du texte en raison du sujet abordé à savoir le rejet d’une jeune fille par sa famille et par toute une communauté à cause de son homosexualité et la souffrance que cela engendre. Etant donné que cet ouvrage se penche sur la question sensible de la religion catholique et de son rejet de l’homosexualité, nous préférons vous laisser vous faire une idée par vous même.                                                            Sylvie   

Extrait :  Page 13 : 

«  Comme la plupart des gens, j’ai longtemps vécu avec ma mère et mon père. Mon père aimait regarder les matches de catch, ma mère, elle, aimait catcher ; peu importe contre qui ou quoi. Elle était toujours prête à monter sur le ring. Elle mettait à sécher ses plus grands draps les jours de grand vent. Elle voulait vraiment que les Mormons viennent frapper à sa porte. Au moment des élections dans notre ville ouvrière qui votait travailliste, elle collait l’affiche du candidat conservateur à sa fenêtre. Elle n’avait pas d’opinions nuancées. Il y avait ses amis et ses ennemis. Ses ennemis étaient le Diable (sous ses nombreuses formes), les Voisins d’à côté, le Sexe (sous ses nombreuses formes), les Limaces.Ses amis étaient : Dieu, notre Chien, Tante Madge, les romans de Charlotte Brontë, les granulés anti-limaces,  Et moi, au début. J’étais venue la rejoindre afin de la relayer dans sa lutte  contre le reste du Monde. Elle avait une attitude mystérieuse envers la conception des enfants ; ce n’était pas qu’elle ne pouvait pas en avoir, mais plutôt qu’elle n’avait pas envie de les faire. Elle en voulait beaucoup à la Vierge Marie de l’avoir précédée. Faute de mieux, elle s’était débrouillée pour se procurer un enfant trouvé. Moi, en l’occurrence. » 

                                                      Le manga : Indigo blue , Ebine Yamaji  34big.jpg

L’héroïne  de ce manga est un jeune écrivain en couple avec un jeune homme avant de rencontrer une de ses admiratrices qui la trouble étrangement. La jeune femme se questionne sur cet amour naissant et s’en inspire pour écrire.  Ce manga traite de la découverte de son homosexualité avec pudeur et réalisme. Et d’après ma propre expérience, il n’est pas difficile de se laisser porter par l’histoire au fil de dessins très épurés. 

Sylvie   

Mauvais genre ?

Histoire des représentations de l’homosexualité de Florence TAMAGNE 

Je ne vais pas vous faire un résumé de ce livre de Florence Tamagne, professeur à Lille, qui comme son nom l’indique fait le point sur la place des homosexuel(le)s dans la société à travers les siècles, mais simplement le conseiller à ceux qui s’intéresse à la question. Ce livre est court et tout à fait abordable, et si les références littéraires et artistiques sont nombreuses elles n’empêche pas  de suivre la réflexion de l’auteur. Ce livre est disponible à la bibliothèque
Lafayette.

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